Apprendre à vivre

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Le 2 novembre, nous célébrons le jour des morts.

La mort fait partie de la vie. Notre passage sur terre a un début, la naissance, et une fin, la mort. C’est inéluctable ! Pour le Dr Elisabeth Kubler Ross, qui a passé des centaines d’heures au chevet des mourants, le fait de se préoccuper de la mort n’est pas une fuite devant la vie, mais au contraire, l’intégration de la mort nous permettrait de vivre de façon plus consciente et plus concentrée et nous préserverait de gaspiller trop de temps pour des choses sans importance. Dans la Rome Antique, il était coutume de dire « Souviens-toi que tu vas mourir ! N’oublies donc pas de vivre. »  Dans notre société marquée par la perte du sacré et du religieux, la mort est synonyme d’anéantissement et bien sûr, source d’angoisse. Seuls les croyants considèrent la mort comme le passage vers une autre forme de vie. Avoir conscience de la fragilité de l’existence et ne pas perdre de vue que celle-ci se terminera un jour, peut être un facteur pour nous sentir plus vivant. Pouvoir partir en se disant, « j’ai accompli et vécu ma vie de mon mieux ».

J’ai accompagné récemment, une personne proche, encore jeune, dans les dernières années de sa vie. Lorsqu’elle a su qu’une maladie incurable la terrassait, ce fut tout d’abord, le désespoir, la colère, qui l’ont submergé. Puis très vite, les choses ont changé. Elle a vraiment commencé à vivre, le jour où elle a pris conscience que le compte à rebours a démarré. Elle a vécu chaque jour comme si c’était le dernier. Ce fut pour ses proches, une véritable leçon de vie ! Il est vrai que si nous vivions chaque jour de façon intense, la joie d’être pleinement vivant ici et maintenant, affaiblirait probablement notre angoisse de la mort.

Il ne s’agit pas forcément d’ajouter des années à la vie, mais de la vie aux années.

Afin de vivre pleinement, on peut s’interroger sur le sens de notre vie. Ce qui a vraiment de l’importance pour nous.  Quelles sont nos valeurs ? Qu’avons–nous à transmettre à ceux que nous aimons ? Quelles sont les personnes, les ressources que nous avons négligé mais aussi quelles sont les relations, les activités que nous entretenons à contrecœur ? Comment mieux nourrir notre corps et notre esprit ? Qu’avons-nous à terminer, à mettre en ordre ? Les affaires non réglées, les regrets, les rancœurs, les remords, les blessures psychiques mal cicatrisées, les pardons non-accordés sont autant de poisons qui altèrent le goût de la vie et alourdissent nos bagages. Quels changements aimeriez-vous apporter à votre quotidien (personnel professionnel) ? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire ? Qu’est-ce qui vous fait vraiment  plaisir ?  Comment colorer votre vie, comment apporter de la joie, de la sérénité au quotidien ? Posez-vous les bonnes questions et agissez au mieux afin de vivre pleinement votre vie jusqu’au bout.

 Je terminerai sur  une citation de Robert Sabatier : « Point ne sert de vivre longtemps s’il s’agit de vivre mort. »

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